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Dr Folamour de Kubrick : la bande-annonce

Posté par Aurélie le 24 janvier 2011

Catégorie : Cinéma Publicité

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Que faire les dimanches d’hiver quand il fait nuit à 15h30 ? (re)Visionner les grands classiques du cinéma pardi ! Retour sur la bande annonce d’un film culte sorti en 1964 :  Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Titre original : Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb).

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Une parodie de discours publicitaire

Pour promouvoir cette satyre de la guerre froide, le graphiste américain Pablo Ferro a conçu un trailer aussi burlesque que les personnages du film. Les questions rhétoriques (procédé très courant en publicité) sont terminées par une réplique absurde des principaux acteurs. La tragédie de la situation s’en trouve alors désamorcée au profit d’un humour grinçant (rappelons que l’assassinat du président J.F. Kennedy est survenu la semaine de la sortie initiale du film).

Déconstruction et storytelling subliminal

Quel est le principe d’une bande-annonce ? Inciter le public à se rendre dans les salles obscures. Comment ? En donnant un avant-goût de l’intrigue sans en déflorer le dénouement. En l’occurrence, tout se passe comme si Pablo Ferro avait démonté l’histoire pour la reconstruire, tel un jeu de Lego (cf. montage sonore). L’alternance saccadée du texte entrecoupé d’ extraits du film font l’effet d’un matraquage d’images subliminales.

Traduction à l’arrache

  • Pourquoi les bombardiers US ont-ils… attaqué… la Russie ?
  • Quels ont été les 1ers mots échangés au téléphone rouge ? … oh…oh…
  • Pourquoi les parachutistes américains ont-ils envahit leur propre… base ?
  • Pourquoi le Dr Folamour veut-il… 10 femelles pour 1 mâle
  • En quoi le sort du monde repose-t-il sur… un distributeur de Coca Coca ?
  • Pourquoi le général Ripper était-il obsédé par… les fluides corporels ?
  • Qu’est-ce que… la machine du Jugement Dernier ?
  • Feu !
  • Où est mon caleçon ?
  • Où sont les toilettes ?
  • Buck, est-ce que je dois prendre cet appel… sur le téléphone rouge ?
  • Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe
  • un film émouvant
  • Je ne devrais pas vous le dire Mandrake mais vous êtes un bon officier et vous avez le droit de savoir. On dirait bien que nous sommes entrés en guerre chaude
  • Oh diable… Les Russes sont engagés ?
  • Bon alors les gars cette fois j’crois qu’ça y est ! Nous v’là nez à nez avec les Ruskofs
  • J’aime pas ça Fred… Bon heuuu j’vais t’dire ce que tu vas faire mon pote
  • Il me semblait que j’étais le seul à avoir autorité pour ordonner l’usage de l’arme nucléaire
  • C’est vrai Monsieur, vous êtes la seule personne autorisée à le faire. Et bien que je déteste juger avant que les faits ne soient avérés, nous commençons à nous demander si le général Ripper n’aurait pas abusé de son autorité
  • La 1ère fois que j’en ai pris conscience Mandrake, c’était pendant l’acte sexuel
  • Le missile dévie toujours. Plus que 1 mile. Explosion !
  • Avec ce plan, est-ce qu’on a une chance de s’en sortir ?
  • Si le pilote est bon, vous voyez, j’veux dire, s’il est vraiiiiment précis il peut manœuvrer cet engin si bas…ha vous verriez ça c’est dingue ! Un énorme avion comme un B-52 varrrooom… les gaz d’échappement grillent les poulets de ferme sur place !

Bonus coquin (quand générique rime avec érotique)

Pablo Ferro a également réalisé le générique du film du Dr. Folamour, célèbre car il s’agit d’une métaphore du coït par… des avions de guerre de type B-52. “Make love. Not And war”. Cette typo longue et fine vous rappelle quelque chose ? Le générique des 2 Men In Black peut-être (made in Pablo Ferro encore).

Vous en avez marre de ces questions qui n’en sont pas ? Moi aussi. Allez c’était la dernière. Vous êtes content ?

Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb
Avec Peters Sellers, George G. Scott
Réalisation : Stanley Kubrick
1964

Dr Strangelove poster

Aurélie Bernard

Freelance en rédaction web près de Rouen (76), Aurélie est accroc au webmarketing éditorial et à la Ricoré.

2 commentaires

Rajouter le votre !

le 25 janvier 2011 à 9 h 38 min
Tony a dit :

Une bande annonce culte… Effectivement le son joue un rôle très important dans cette réalisation: la musicalité construit tout le rythme de la séquence. Mi-clip mi-remix à tendance cinématographique: tout ce que j’aime ! Merci beaucoup Aurélie !

le 25 janvier 2011 à 11 h 18 min
Aurélie a dit :

De rien Tony !
Le travail de Pablo Ferro sur la synergie mots + images + son inspire encore de nos jours. Voir :
- TV Is A Drug : http://bit.ly/fxYaE2
- Brainwashing by Babycake http://bit.ly/fYouGd

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