Notre sélection d'articles

Projet Bloom – repenser la visualisation de données

Posté par Max le 2 mars 2011

Catégorie : Art Design Interactivité Jeux vidéos Programmation

Pas de commentaire pour l'instant - Ajoutez le votre !

Bloom, instrument de la pop-culture pour l’expression et l’exploration des données.

“Quand la visualisation de données rencontre le ‘game design’.
Bloom vous propose de se lancer à la découverte de vos données en créant des expériences visuelles d’un nouveau genre sur tablettes interactives, consoles et navigateurs modernes. Ces expériences vous ouvriront un regard nouveau, distrayant, jouable, prêt à l’exploration et visuellement attractif sur vos données personnelles depuis des services comme Facebook, Twitter, Instagram et iTunes.
Ces instruments créés par Bloom ne sont pas purement ludiques ou visuels. Ce sont de nouveaux moyens de voir ce qui importe.”
(Texte traduit depuis leur site.)

Je pense que Bloom s’essaye à enfin renouveler le genre de la visualisation de données… Pour en savoir plus, direction la suite !


Bloom, est donc un projet, qui a pour vocation la revisite d’une discipline à la mode : la visualisation de données – appelée aussi design d’information, “data design”, “data-visualization”, “information graphics”, etc – consistant à mettre en forme visuellement des informations afin de les apprécier plus aisément.
Le design d’information n’a rien de nouveau (en témoigne cet exemple de 1869) mais il est à la mode depuis 2-3 ans, et la grande question que tout le monde se pose ces derniers temps est : “à quoi ça sert ?”.
La mise en forme d’informations dans son jeune temps était effectuée pour permettre de mieux comprendre des données complexes et siégeait donc entre représentations statistiques de scientifiques et visualisations commanditées à des artistes, devenus en suite graphistes. Avec la popularisation de programmes comme Processing (langage de programmation simplifié pour les artistes) la représentation de données dynamiques est devenue accessible aux artistes graphiques et programmeurs débutants.
Tombant dans le milieu de l’art, le côté utilitaire de la représentation de données s’est vite fait oublier, le data design s’est vite enfermé dans un style visuel redondant repris par les graphistes non programmeurs sur des logiciels utilisés de manière non-dynamique comme Illustrator et Photoshop.
Certes, des artistes assez exceptionnels comme Karsten Shmidt ou Robert Hodgin de flight 404 (pour ne citer qu’eux) se détachent de la masse et depuis déjà de nombreuses années en proposant des approches différentes.
Malgré cela on attendait du changement dans la tendance générale, un retour vers le fonctionnalisme et à l’heure du Bahaus Numérique* (comme l’appellent certains), Bloom semble rejoindre ceux qui ouvrent la voix.

Comme le dit assez bien Tim O’Reilly créateur de la maison d’édition sur le site de Bloom :
“Les gens pensent la visualisation de données comme un résultat fini, et la perspicacité dont Ben à fait preuve avec Bloom est que la visualisation de données deviendra un moyen d’accès et de contrôle… Être capable de manipuler des données en temps réel est un virage important. La représentation de données donnerait alors lieu à des interfaces plus qu’à des états des lieux figés.
Il ne faut pas s’y méprendre, ce n’est pas le parti-pris graphique de Bloom que je trouve intéressant (pour le moment) mais leur conception du “data design” comme une interface que l’on peut modeler et s’approprier avec nos propres données (en allant les modifier sur nos comptes de réseau sociaux par exemple).

Découvrez dès à présent leur deux premiers projets: Fizz, une mise en forme colorée de vos données (à partir des sites Twitter et Facebook) et Cartagram une visualisation cartographiée de vos favoris géo-localisées (à partir du site Instagram).


Bloom est un projet de Ben Cerveny, Tom Carden, Jesner Sparre Andersen et Robert Hodgin.
http://bloom.iohttp://fizz.bloom.io/http://cartagr.am/

*La notion de Bahaus Numérique désigne selon moi le fait que nous soyons arrivés à un point décisif de l’évolution des tendances du design actuel où – comme dans les années 20 – la communauté créatrice cherche un langage esthétique et fonctionnel à la révolution technologique et sociale en cours et ce, de manière transversale entre les disciplines. Nous auront bientôt fini les périodes de courses créatives à l’expérimentation technologique (sites Web expérimentaux des années 2000, vêtements interactifs, graphisme génératif, installations architecturales interactives, etc), nous faisons face à la prochaine période qui sera eco-responsable (il faut espérer :D ).
L’architecture, l’architecture d’intérieur, le Web design, le graphisme, le design produit, le design de mode, le design algorithmique, le design d’information, etc. sont toutes des disciplines dont les limites deviennent floues et qui cherchent à se redéfinir, elles se posent toutes les mêmes questions stigmatiques de cet entre-deux ères: quel language fonctionnel et formel doit on donner à cette nouvelle ère?

Max Mollon

Interaction designer, Max complète actuellement un Master Media Design à la Haute école d'art et design (HEAD) de Genève.

Pas de commentaire pour l'instant

Ajouter le votre !

Laisser votre commentaire